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Alma Forrer

En France, on manquait jusque-là d’une artiste qui exprime à la fois le besoin d’émancipation féminine et un grand souffle romantique, l’éternelle recherche d’un amour absolu et la modernité 2.0. Fille spirituelle d’Angel Olsen et de Marie Laforêt, Alma Forrer incarne à merveille cette créature-là. Avec son prénom digne d’un film de Bergman, son physique adjanien et sa voix au bord de l’évanouissement, la jeune parisienne rappelle les égéries des années 80, celles qu’on retrouvait au fond de la piscine dans leur petit pull marine. Mais les temps ont changé, les jeunes filles ont appris à nager, fût-ce à contre-courant. Et elles n’ont plus besoin de Pygmalion pour se jeter dans le grand bain.

La jeune auteure-compositrice-interprète de 25 ans à l’imaginaire fantasque et à la curiosité sans failles étonne par son parcours, déjà jalonné de deux premiers EP autoproduits, remarqués par la critique, de premières parties de Vianney, Biolay ou la Grande Sophie, de deux cursus universitaires en histoire de l’art et en communication, de voyages en Suède et au Québec.

Trouble sensuel lorsqu’elle soupire dans « Conquistadors », hit pop up tempo et clin d’œil aux années 80 : « Tous les garçons sont des améthystes/ qui reflètent sur moi chacun de leurs vices/ Et j’aime ça terriblement/ je ne vois plus passer le temps ». Diane chasseresse ou proie désabusée ? A la manière de Lana Del Rey, Alma Forrer refuse de trancher, préfère brouiller les pistes.
Au fait, Alma, ça veut dire « âme » en espagnol. Et d’âme, Alma Forrer n’en manque pas.

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